Théatre Porte Saint Michel

Dans ce spectacle Pierre Blumberg donne sa voix à la Palestine de son père ou «L’Histoire d’un juif qui fait une tentative d’installation non juive dans la Palestine de 1946 » :
Georges Blumberg est né à Paris en 1904 et décédé à Paris en 1987. Il fut, entre autres, traducteur et journaliste.

Extraits :
« A la fin de la guerre 39-45 qu’il a traversée en résistant, mon père Georges Blumberg, esprit libre et indépendant, un peu juif roumain quand même, décide de quitter la France pour s'installer en Palestine.
On est au printemps 1946, Israël naîtra en 1948.
Depuis la Palestine, Georges entretient alors une correspondance avec Léon Ghedalia, dit Licoah, son ami d'enfance resté à Paris : j’ai connu Licoah quand j’étais enfant et jeune adulte. J’ai gardé le souvenir d’un homme de petite taille, légèrement vouté, plein de douceur avec un regard tendre et pétillant et comme disait mon père « doté d’un système de nonchalance orientale ».
Au décès de mon père en 1987, j’ai retrouvé des pelures de machine à écrire, papier si léger mais dactylographié si dense, double des lettres envoyées à Licoah.
Je n’ai presque rien retrouvé des lettres de Licoah adressées à mon père, c’est donc pour moi une correspondance à sens unique.
Des nombreux feuillets en ma possession, j’ai extrait les moments que j’ai ressentis comme les plus parlants et les plus forts. En fait, je vais vous raconter une tranche de vie, mais parce que Georges ne faisait rien comme tout le monde, il s’est foutu dans le guêpier « Palestine, Juif, et pas encore Israël, ».

Ne serait-ce pas le même tryptique aujourd’hui qu’il y a 70 ans ?
Ici et maintenant, c’est de père en fils et de fils en père, juste retour vers un homme qui avait raison de tant aimer le pain azyme, avec du beurre.... et du jambon dessus. »

C’est un témoignage unique sur la situation d’alors par son originalité, son actualité et sa vision politique.
Un spectacle d’émotions, de curiosités et d’humour servi par la voix singulière de Pierre Blumberg.

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Photo : Robert Canault

L’ALCHIMIE DU VERBE : 8 JUILLET 2016

PALESTINE 1946, LETTRES DE MON PÈRE, UN SPECTACLE DE PIERRE BLUMBERG D’APRÈS LES LETTRES DE GEORGES BLUMBERG PAR LA COMPAGNIE PIERRE GASPARD

Au Théâtre de la Porte St-Michel, à 19h30

L’homme, puisqu’il faut l’appeler ainsi, dévoile une correspondance privée que son père aurait entretenu avec un ami resté à Paris alors que lui-même tentait de s’établir en Palestine. Les lettres écrites deux ans avant la fondation d’Israël interrogent les différents principes du sionisme et de la judaïté. Ainsi que l’annonce Pierre Blumberg, le spectateur va assister à une tranche de vie ; la lettre beaucoup plus que toute autre matière permet d’approcher le vif, elle n’est pas seulement une histoire intime, elle raconte bien plus qu »elle rend compte. La pertinence ou plutôt la beauté des lettres est incontestable, le comédien Pierre Blumberg sur scène les lit, les transmet, gardant cette matière précieuse entre ses mains.

Habitué de ses formes de lectures que le comédien appelle lui-même des « dictures », les lettres s’amoncellent dans notre esprit et laissent peu à peu place à notre imaginaire, bientôt à notre conscience politique. La présence du comédien, son investissement dans le texte marquent de fait une des grandes qualités de ce spectacle. La tranquillité et l’apaisement de sa voix repose sur des assises puissantes, la matière textuelle. Georges Blumberg, juif français et journaliste décide donc en 1946 de partir en Palestine en vue de s’y établir. Les lettres qu’il envoie à son ami d’enfance resté à Paris forment donc des longues narrations où l’épistolier fait part de ses impressions sur la Palestine qu’il découvre.

 

Le texte trouve évidemment une résonance politique très subtile, puisqu’il rend compte de ses réserves quant à la possibilité de la création d’un état juif (Israël sera crée en 1948). Il y décrit l’affairisme des notables juifs ainsi que leur auto-suffisance. Certains des passages critiquent ouvertement les doctrines sionistes, les logiques économiques qui empêchent le bien-être des gens. On retrouve dans ses différentes lettres bien plus que le point de vue d’un journaliste, le récit d’un homme lucide dans un monde d’hommes aveugles.

Enfin, on ne peut que recommander une telle forme qui est loin d’être un seul en scène ou une simple lecture. Le partage est vrai, sincère, authentique et la puissance littéraire des lettres tant dans les descriptions du pays et de la vie quotidienne que dans les observations géopolitiques et religieuses devrait permettre à n’importe quel spectateur, aussi peu lettré qu’il puisse être, de consacrer ce spectacle comme un premier élément de réflexion par rapport à l’état d’Israël.

On retrouve dans ce spectacle la grandeur d’un homme qui pressentant les terribles jours d’Israël décide ainsi que Pierre Blumberg l’annonce à la fin de la représentation, de quitter la Palestine pour retourner à Paris. Il faut absolument entendre ce spectacle car il est assez rare de trouver des témoignages de ce type, de juifs qui dans l’après-guerre estimaient la création d’un état-nation juif aussi vain que stérile, d’avance immolant puisque déjà immolé…

Raphael BAPTISTE

Vidéo : Romain Landat

Durée de la vidéo : 5 mn 53 s

Un petit plus :

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Interview de février 2017 sur Radio Alliance Plus Nîmes

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